Il y a deux semaines à Prouzel, Audouin a terminé de récolter ses Pompadour. Il explique le déroulement de cette journée et nous donne ses premières impressions sur son butin.
« Environ cinq semaines se sont déroulées depuis la dernière grande étape de la culture des Pompadour : le défanage. Au moment où elles atteignent leur calibre idéal, généralement à la mi-juillet, nous supprimons les tiges et le feuillage. Cela permet de stopper leur croissance tout en laissant la peau s’épaissir. Elles obtiennent ainsi une bonne capacité de conservation.
Selon la taille de l’exploitation, la récolte des Pompadour se déroule généralement sur plusieurs jours. Nous faisons souvent plusieurs essais dans le but de déterminer le moment idéal. Il faut qu’elles soient suffisamment solides pour sortir facilement de terre sans s’abimer. Il est également nécessaire que les conditions climatiques soient idéales. Nous ne récoltons pas en cas de forte chaleur pour éviter qu’elles ne se dessèchent entre leur sortie de terre et le stockage dans les frigos. Il ne faut pas non plus qu’il y ait de vent, qui risque d’abîmer les tubercules. Nous parcourons lentement les allées formées par les buttes avec un arracheuse : une machine qui soulève la butte et trie la terre, les fanes et les tubercules en laissant le plus possible de terre dans le champ. Cette année, comme la terre était très sèche en raison de la chaleur, nous avons été obligés d’attendre une petite pluie pour humidifier la terre et ne pas abimer les Pompadour en les sortant de terre. La Pompadour étant une variété plutôt fragile, nous devons être particulièrement scrupuleux.
10 à 15 jours d’avance
Pour récolter nos 8 hectares de Pompadour, il nous a fallu environ 3 jours à 8 personnes, à raison de 3 hectares de récolte par jour.
C’est une année qui se démarque par sa précocité, en raison d’un printemps et d’un début d’été très doux. Nous avons 10 à 15 jours d’avance sur les précédentes années puisque nous avons récolté au tout début du mois de septembre. Le rendement n’est pas particulièrement élevé mais la qualité est là et la taille des Pompadour est très homogène. Pendant les 60 premiers jours de la culture, il y a eu une alternance de pluies régulières et de températures ni trop chaudes, ni trop froides. Ce sont des conditions idéales pour le développement de la Pompadour et cela lui a permis un grossissement très harmonieux. Il n’y a eu qu’une seule tubérisation. Le coup de chaleur de la fin de l’été a stoppé la végétation et donc le grossissement des tubercules. Nous les avons récoltées peu de temps après pour éviter qu’elles ne deviennent farineuses.

Nous avons goûté les premières Pompadour
Une fois récoltées, nous rangeons les Pompadour dans de grandes caisses en bois appelées Palox et nous les transportons dans des frigos où elles sont conservées entre 3 et 4°C. Elles y passent encore quelques semaines pour que la peau finisse de s’épaissir et que les Pompadour se conservent bien. Le cahier des charges Label Rouge interdit d’ailleurs les traitements après la récolte.
A Prouzel, dans ma ferme, nous avons goûté les premières Pompadour de l’année, le premier dimanche de septembre, juste après la récolte. Ma femme les a cuites à l’eau et nous les avons accompagnées d’un Château Bienfaisance. C’est amusant : mon fils Alban est comme moi : il les mange toujours de la même manière. lI les coupe en deux, les dispose en éventail dans son assiette et les saupoudre de poivre. Dans tous les cas, je peux vous assurer qu’elles sont toujours aussi savoureuses !
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Bonjour, j’ai acheté une barquette de vos Pompadour à Leclerc à Strasbourg la semaine dernière et elles étaient très bonnes, mais quand elles sortent tout juste de terre avec un bon vin, c’est sûr, elles doivent être encore bien meilleures !