La Pompadour

De notre champ en Picardie à votre assiette

De notre champ en Picardie à votre assiette

C’est terrible : chaque année les producteurs se retrouvent face au même problème. Ils doivent faire pousser des Pompadour, les soigner et les surveiller sans cesse, depuis la plantation jusqu’à la récolte. Et pourtant, jamais ils ne s’ennuient ni ne se lassent parce que chaque année diffère des précédentes, soumise aux bons vouloir de Dame Météo et Dame Nature. De plus, la Pompadour ne leur laisse aucun repos : sensible aux excès de chaleur et au manque d’eau, fragile et à faible rendement, elle leur demande une attention de tous les instants.


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Avril | La Plantation

Le printemps est là et avec lui, la fin des gelées hivernales ! Audouin a enfin retrouvé ses chères et tendres bottes et la douceur de la terre. Alors que le sol se radoucit, pour améliorer la qualité et le nombre de tubercules, ce dernier réchauffe avec tout son amour les plants de Pompadour qui germent frénétiquement dans l’impatience de retourner d’où ils viennent : à la terre.

Pour compléter l’action bénéfique du gel hivernal, Audouin et les autres cultivateurs ameublissent la terre en profondeur et l’affinent en surface. Ils creusent ensuite des sillons pour y déposer les plants, germes vers le haut.

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Juin | La Pousse

A Revelles, Benoît Ghesquière cultive avec son père 5 hectares de Pompadour. Depuis la mi-avril en Picardie, le mercure a grimpé, le soleil et les pluies printanières se sont alternés et le Colza a fleuri.

« En ce moment, la Pompadour est en pleine pousse active et le feuillage atteint déjà 50cm. Cette période est la plus importante car elle définit le nombre et la qualité de ces pommes de terre Label Rouge. Il faut ainsi veiller à ce que les apports en eau soient réguliers. Par exemple, une alternance de pics de chaleur et de pluies modérées comme en ce moment, est idéale. A la surface, elle permet au feuillage de bien se développer et sous terre, de donner naissance à de nombreux tubercules. »

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Juillet | La Floraison

C’est à quelques kilomètres de la Baie de Somme, sur la Côte Picarde, que Marc-Antoine et ses associés cultivent leur parcelle de Pompadour.

« Depuis quelques jours, les plants mesurent jusqu’à 1m20 de haut et de belles fleurs blanches au cœur jaune sont apparues. En ce moment, le travail consiste surtout à veiller à la croissance et à l’équilibre sanitaire et hydrique de la plante. Nous déterrons régulièrement quelques plants pour apprécier l’avancement, la taille et le nombre des pommes de terre. Si elles sont encore petites et recouvertes d’une peau trop fine pour se conserver, leur goût est déjà délicieux ! »

recolteAoût | La récolte

Vers le milieu du mois de juillet, lorsque les Pompadour ont atteint leur calibre idéal, Audouin, Benoît, Olivier et Marc-Antoine ont défané leurs champs. Cinq semaines plus tard, il est temps de pour eux de récolter le fruit de leur travail. Depuis sa ferme à Raray, Olivier nous raconte sa récolte.

« Chaque jour, nous vérifions l’état des pommes de terre pour nous assurer de les récolter au moment idéal, lorsque leur capacité de conservation et leur goût seront au mieux. On attend ensuite qu’il n’y ait ni vent, ni soleil excessif, puis on utilise une machine adaptée à la sensibilité des Pompadour pour les sortir de terre avant de les ranger dans de grandes caisses en bois (palox). C’est ici, à peine sorties de terre, après avoir rempli toutes les exigences, que les Pompadour deviennent Label Rouge. »

Septembre | Le conditionnement

En fonction

des demandes, les Pompadour sont emportées par les producteurs dans des palox jusqu’aux locaux du conditionneur. Elles sont alors soit conservées dans des frigos réservés aux pommes de terre non traitées (le froid permettant de les empêcher de germer), soit directement envoyées en station. Ici, elles sont calibrées pour les répartir en fonction de leur taille puis, au dernier moment, lavées à l’eau recyclée avant de rejoindre barquettes et bourriches en bois ou sachets en papier recyclé.

Durant tout leur parcours, les Pompadour sont scrupuleusement suivies par un code-lot permettant de retrouver toutes les étapes de leur parcours. Il est apposé en dernier lieu sur le conditionnement complété de la date d’emballage, du lieu de culture et du nom du producteur qui les a cultivées.

condipompaSeptembre | L’arrivée dans les assiettes

Au maximum deux jours après leur conditionnement, les Pompadour arrivent bien fraîches sur les étals des marchands. Comme  elles ne sont soumises à aucun traitement après la récolte, nous vous conseillons pour les garder en beauté et leur empêcher de germer, de les manger rapidement ou de les conserver dans un endroit frais et à l’abri de la lumière comme la cave ou le bac à légumes du réfrigérateur. Sur chaque emballage de la variété, vous retrouverez le nom et/ou la photo du

producteur qui a cultivé vos Pompadour. Ce nom vous permet de retrouver sur ce site Internet, son témoignage en vidéo ainsi que la photo de son champ.

Les Pompadour sont idéales pour une cuisson à la vapeur ou à l’eau ainsi que rissolées ou en gratin.

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Qui est-elle ?

Qui est-elle ?

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La pomme de terre Pompadour est de forme oblongue et de taille moyenne, sa chair est fine et sa peau, d’un beau jaune légèrement cuivré hérité de la teinte rouge de sa mère Roseval. Elle est cultivée en Picardie, notamment dans les terres sablonneuses du littoral, que l’on dit idéales pour éveiller ses qualités gustatives. Plantée début avril, elle est récoltée en août et en septembre.

En cuisine, c’est une chair ferme (dite pomme de terre vapeur) qui se tient particulièrement bien à la cuisson, sans se défaire et en gardant sa peau intacte. Sur le palais, elle est tendre et fondante et laisse derrière elle, un délicat goût de

beurre frais. Elle adore tout particulièrement la vapeur, mais aussi la vinaigrette et la poêle. On

la cuit généralement en 10 minutes à la vapeur, 25 minutes à l’eau et 30 minutes à la poêle.

La Pompadour est signée du sceau pourpre du Label Rouge qui accrédite ses qualités gustatives exceptionnelles.

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D'où vient-elle ?

D'où vient-elle ?

Des débuts difficiles…

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Encore bien jeune face à ses congénères millénaires, la Pompadour a vu le jour en 1992, après une dizaine d’années de tests et de gestation, à la station de recherche du Comité Nord. Ses parents, la Roseval (variété vigoureuse à peau rouge) et la BF 15 (un peu rustique), sont toutes deux des pommes de terre à chair ferme reconnues pour leurs qualités gustatives. Des gènes de premier choix qui font de la Pompadour, quoique récente, une variété profondément authentique.Très vite, elle se révéla particulièrement fragile, tardive et à faible rendement et a bien failli être mise au rebut.

Heureusement, la belle montra des qualités gustatives sans précédent : « Elle était de loin la meilleure dans les tests de dégustation » raconte Yves Bègue, directeur de la Station de Recherche Comité Nord. C’est ainsi qu’elle conquit Jacques Aublé, son « père sélectionneur, » et l’ensemble de la station. La choisir était donc un pari sur

l’avenir : une volonté de « faire la distinction entre patate et pomme de terre » en espérant qu’ « un jour ou l’autre le goût sera mis en avant et que les gens n’achèteront plus avec leurs yeux mais avec leur palais. »

La création de la variété Pompadour

Un peu d’histoire

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Maurice-Quentin Delatour : Marquise de Pompadour © Musée du Louvre – Erich Lessing

Son nom ? Elle le tient de son homonyme, la Marquise de Pompadour. Confrontés aux règles strictes de création d’un nom de pomme de terre, ses obtenteurs ont choisi celui-ci pour refléter ses qualités gustatives. « Elle était la reine des pommes de terre, mais on ne pouvait pas l’appeler Reine alors on a choisi une marquise pour refléter la noblesse de la variété, » explique Yves Bègue. La Marquise fut l’une des favorites du Roi Louis XV au 18e siècle avant de devenir sa confidente et sa plus grande amie pour les vingt ans

qui suivirent. Comme elle, la pomme de terre Pompadour a su séduire durablement la cour des gastronomes par son raffinement et ses qualités gustatives.

On pourrait poursuivre encore la métaphore en reprenant les termes de Jean-Nicolas Dufort (mémorialiste du 18e siècle) lorsqu’il décrit la Marquise de Pompadour : «Mlle. Poisson, femme Lenormand, marquise d’Étiolles de Pompadour, que tout homme aurait voulu avoir pour maîtresse, était d’une grande taille de femme, sans l’être trop. Un visage rond, tous les traits réguliers, un teint superbe, très bien faite, une main et un bras superbes, elle avait des yeux plus jolis que grands, mais d’un feu, d’un spirituel, d’un brillant que je n’ai vu à aucune femme. Elle était arrondie dans toutes ses formes comme dans tous ses mouvements.» (Siefar) De même, Le Roy, lieutenant des chasses de Versailles disait de la Marquise qu’elle était « svelte, souple, élégante » et qu’ »elle [avait] un visage à l’ovale parfait.» (Larousse) Des termes flatteurs que l’ont pourrait aussi bien adapter à la pomme de terre Pompadour.

Des débuts difficiles…

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