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D'où vient la pomme de terre Pompadour ?

Des débuts difficiles...

Encore toute jeune face à ses congénères millénaires, la pomme de terre Pompadour a vu le jour en 1992, après une dizaine d’années de tests et de gestation, à la station de recherche du Comité Nord. Ses parents, la Roseval (variété vigoureuse à peau rouge) et la BF 15 (un peu rustique), sont toutes deux des pommes de terre à chair ferme reconnues pour leurs qualités gustatives. Des gènes de premier choix qui font de la Pompadour, quoique récente, une variété profondément authentique.

Très vite, elle se révéla particulièrement fragile, tardive et à faible rendement et a bien failli être mise au rebut. Heureusement, la belle montra des qualités gustatives sans précédent : « Elle était de loin la meilleure dans les tests de dégustation » raconte Yves Bègue, directeur de la Station de Recherche Comité Nord. C’est ainsi que la pomme de terre Pompadour conquit Jacques Aublé, son « père sélectionneur, » et l’ensemble de la station. La choisir était donc un pari sur l’avenir : une volonté de « faire la distinction entre patate et pomme de terre » en espérant qu’ « un jour ou l’autre le goût sera mis en avant et que les gens n’achèteront plus avec leurs yeux mais avec leur palais. »

Un peu d'histoire

Son nom ? Elle le tient de son homonyme, la Marquise de Pompadour. Confrontés aux règles strictes de création d’un nom de pomme de terre, ses obtenteurs ont choisi celui-ci pour refléter ses qualités gustatives. « Elle était la reine des pommes de terre, mais on ne pouvait pas l’appeler Reine alors on a choisi une marquise pour refléter la noblesse de la variété, » explique Yves Bègue. La Marquise fut l’une des favorites du Roi Louis XV au 18e siècle avant de devenir sa confidente et sa plus grande amie pour les vingt ans qui suivirent. Comme elle, la pomme de terre Pompadour a su séduire durablement la cour des gastronomes par son raffinement et ses qualités.

On pourrait poursuivre encore la métaphore en reprenant les termes de Jean-Nicolas Dufort (mémorialiste du 18e siècle) lorsqu’il décrit la Marquise de Pompadour : «Mlle. Poisson, femme Lenormand, marquise d’Étiolles de Pompadour, que tout homme aurait voulu avoir pour maîtresse, était d’une grande taille de femme, sans l’être trop. Un visage rond, tous les traits réguliers, un teint superbe, très bien faite, une main et un bras superbes, elle avait des yeux plus jolis que grands, mais d’un feu, d’un spirituel, d’un brillant que je n’ai vu à aucune femme. Elle était arrondie dans toutes ses formes comme dans tous ses mouvements.» (Siefar) De même, Le Roy, lieutenant des chasses de Versailles disait de la Marquise qu’elle était « svelte, souple, élégante » et qu’ »elle [avait] un visage à l’ovale parfait.» (Larousse

La création de la pomme de terre Pompadour